nou article a la prensa marroquina | nuevo artículo en la prensa marroquí

Une circulaire du ministère de la justice écarte les étrangers non résidents au Maroc du droit à la kafala. Un collectif de six associations crie au scandale. Le suivi de la kafala ne pouvant être assuré à l’étranger, le ministère craint que l’enfant adopté ne soit pas éduqué selon les préceptes de l’islam.

Le 19 septembre dernier, une circulaire (N° 40 S/2) du ministère de la justice et des libertés est tombée comme un pavé dans la mare. Les associations qui se battent pour que les enfants abandonnés aient droit à des parents (même adoptifs) s’estiment lésées. Adressée aux procureurs des Cours d’appel et des tribunaux de première instance, cette circulaire exhorte ces derniers, après enquête, à refuser la kafala (l’adoption à la marocaine) «aux étrangers qui ne résident pas habituellement au Maroc». Et donc, qu’elle «ne soit accordée qu’aux demandeurs qui résident d’une manière permanente sur le territoire national».

L’argumentaire développé dans la même circulaire pour justifier cette interdiction se base sur le fait que le juge de tutelle censé accorder (ou refuser) la kafala et faire le suivi de son application est incapable d’enquêter, pour les personnes qui ne vivent pas au Maroc, sur «leur aptitude morale, sociale et leur capacité à élever un enfant abandonné selon les préceptes de l’Islam». L’article 9 de la loi sur la kafala (Dahir n° 1.02-239 du 03/10/2002, voir encadré) exige, en effet, du juge de tutelle de vérifier que toutes les garanties sont réunies sur le kafil (moyens matériels, moralité, santé, âge…) avant de donner son accord à la kafala, et de suivre même son exécution avec le pouvoir de la retirer s’il s’avère que le kafil n’est plus apte à l’assumer dans les meilleures conditions. Bien entendu, quand le ministère parle des étrangers, il écarte par définition les demandeurs d’une autre confession religieuse, cela en application de la même loi régissant la kafala.

Cette décision d’écarter les étrangers de la kafala, même s’ils sont musulmans (n’habitant pas le Maroc) provoque un vif désarroi au sein du microcosme associatif lié de près ou de loin au phénomène des enfants abandonnés ou orphelins. Le 12 octobre courant, le collectif Kafala, composé de six associations (Village d’Enfants, l’Association Bébés du Maroc, la Fondation Rita Zniber, l’Association Dar Atfal Al Wafae, l’Association Osraty et l’association Amis des Enfants), réagit fermement en rendant publique une pétition qui s’élève contre cette décision, tout en se demandant quelles mesures de substitution le ministère mettra -t-il en place «pour préserver l’intérêt supérieur de l’enfant tel qu’il est défini par la législation nationale et internationale». Pour le collectif, cette circulaire privera, de l’adoption, des milliers d’enfants qui sont dans l’attente d’une famille dans les orphelinats et autres organismes d’accueil. Selon les estimations, 24 bébés sont abandonnés chaque jour. Or la capacité d’accueil des orphelinats est largement dépassée puisque l’on compte chaque année 6 000 enfants abandonnés, pour une raison ou une autre, au Maroc. Toujours, selon le même collectif, les familles marocaines (ou étrangères) résidant au Maroc, et qui sont les seules autorisées dorénavant à adopter des enfants, ne peuvent absorber tout ces enfants accueillis dans les orphelinats. D’autant qu’au niveau du nombre «la kafala nationale est pratiquement égale à la kafala internationale (50%)», estime Asmaa Benslimane, présidente fondatrice de l’association Bébés du Maroc.

10% des enfants abandonnés se suicident

Les effets de cette interdiction, selon les auteurs de cette pétition, seraient «dramatiques» puisque toute une cohorte de bébés et d’enfants sans parents ne trouveraient pas preneur. Avec tout ce que cela entraîne comme dégâts, car, par expérience, selon ce collectif, «les enfants qui restent dans les orphelinats deviennent à 80% des délinquants, se suicident dans 10% des cas, et ne sont socialement insérés qu’à raison de 10%. Cette circulaire va aggraver la situation en mettant les centres dans l’incapacité de recevoir plus d’enfants et les réseaux parallèles de trafic en tous genres ne rateront pas cette opportunité».

Le phénomène des enfants abandonnés prend en effet de l’ampleur ces dernières années, et le Maroc aura à gagner à avoir des demandeurs, peu importe qu’ils habitent au Maroc ou à l’étranger. Selon l’étude nationale réalisée par l’association INSAF en 2010 sur les mères célibataires, 27 200 jeunes femmes ont accouché en 2009 d’un bébé en dehors des liens du mariage. Selon la même étude, 153 bébés naissent hors mariage chaque jour, et 24 d’entre eux sont abandonnés.

Une autre étude, plus ancienne celle-là, menée en 2009 par la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance et l’UNICEF, avait révélé que le nombre d’enfants abandonnés s’élevait (en 2008) à 4 554, soit 1,3% du total des naissances de cette année. Ces enfants, du moins pour ceux qui ont la chance d’être accueillis dans les maisons de santé et autres centres de protection de l’enfance, «ont aussi le droit à une affection parentale», estime le collectif, ce qui est tout à fait humain. Trois questions se posent et auxquelles il faudra des réponses. Primo, pourquoi cette mesure interdisant la kafala aux personnes ne résidant pas au Maroc, sachant que la moitié des kafils sont étrangers, et cela le ministère le sait fort bien ? Deuxio : les Marocains résidents à l’étranger (MRE) sont-ils eux aussi concernés par cette décision ? Tertio : quid des demandes en instance provenant de personnes ne résidant pas au Maroc, dont la procédure a été entamée avant même la circulaire, et de ceux qui ont déjà adopté ?

La réponse à la première question nous vient de la circulaire elle-même : «Le suivi de la pratique judiciaire indique que ces dispositions (NDLR : celles prévues par la loi sur la kafala) ne sont pas exécutées efficacement et correctement, de façon à refléter les intentions du législateur qui sont de trouver le cadre approprié pour la protection de l’enfant abandonné, afin que son éducation se fasse dans un climat le préparant à assurer son avenir, afin qu’il joue son rôle au sein de la société».

Les juges censés suivre la procédure de la kafala ont-ils eu écho d’exactions, d’abus et de violence à l’égard de ces enfants adoptés par des étrangers (ou des Marocains) ne vivant pas sur le sol national ? Y a-t-il eu des cas, comme le laisse entendre ce responsable au département des affaires civiles au sein du ministère de la justice, «d’enfants qui ont été forcés de changer de religion ou qui ont été abusés sexuellement» ? «On ne sait pas exactement», répond, étonnée, Asmaa Benslimane.

La procédure de la kafala mal appliquée ?

Une chose est sûre : Latifa Taoufik, juge et collaboratrice du secrétaire général du ministère de la justice, se veut rassurante. Elle indique à La Vie éco que la dite circulaire est venue «suite aux rapports que le ministère a reçus, et qui font état de parents adoptifs qui exploitent et maltraitent les enfants adoptés à l’étranger sans aucun contrôle». Puisque la procédure est mal appliquée, ajoute-t-elle, le ministère «a voulu durcir la procédure, en attendant que des accords bilatéraux sur la question soient signés avec les pays où cette kafala est appliquée».

Et sur la question de savoir si les MRE sont aussi interdits de la kafala, la même source indique qu’il n’a jamais été question dans cette circulaire de «priver les Marocains de l’étranger de ce droit». Ces derniers, selon elle, «gardent dans leur majorité des liens étroits avec leur pays d’origine, et ce contrôle peut être fait, soit au Maroc quand ils sont ici, soit dans les pays où ils vivent par le biais des consulats marocains. D’ailleurs, si la circulaire est envoyée aux procureurs des Cours d’appel et des tribunaux de première instance, c’est aux juges des mineurs de statuer au cas par cas, selon leur enquête». Cela dit, une chose est claire dans la circulaire : l’article 24 de la loi sur la kafala autorisant les kafils de quitter le territoire national avec l’enfant abandonné pour résider définitivement à l’étranger est mis en veilleuse, car ne permettant pas, dit cette circulaire, «le suivi de la situation de l’enfant, objet de la kafala, en dehors du territoire national».

Et les dossiers en cours de demandeurs étrangers ayant déjà entamé la procédure ? Ils se compteraient «par dizaines», estime-t-on dans le milieu associatif travaillant sur la kafala, et leur sort est encore incertain. Pour le seul orphelinat Lalla Hasna à Casablanca, on ne compte pas moins de 22 demandes en instance, émanant d’étrangers ne résidant pas au Maroc : «Des MRE avec mariage mixte, des étrangers convertis à l’islam et des musulmans de naissance. Ils sont venus de France, du Canada, de Dubaï, des Etats-Unis…», indique Samira Kaouachi, directrice de l’orphelinat, qui est l’un des plus anciens au Maroc puisqu’il a été créé en 1956 (voir encadré en page précédente). Et d’ajouter que ces musulmans étrangers choisissent souvent des enfants présentant des affections physiques ou mentales, que les Marocains n’acceptent jamais.

«Il n’est pas normal, conclut-elle, que ces 22 dossiers en instance ne soient pas réglés, les futurs kafils sont déterminés et ils éprouvent une certaine frustration de ne pouvoir faire aboutir leur démarche. Réglons d’abord ces dossiers, quitte à trouver pour ceux qui seront déposés dans le futur par des étrangers des modes de suivi adéquats. Car il est inadmissible que ces enfants restent “stockés” chez nous sans trouver preneur».

Un autre problème complique encore les choses dans cette maison d’enfants : celui des retours. De fin 2011 à octobre 2012, cet orphelinat a enregistré quatre retours d’enfants adoptés, et deux sont en cours. «Et là, les parents adoptifs sont des Marocains musulmans résidant au Maroc qui rendent ces enfants comme on rend une marchandise défectueuse, sous prétexte qu’ils sont nerveux, turbulents ou je ne sais quoi. Est-ce cela l’islam ?», s’interroge, hors d’elle, Mme Kaouachi.

Kafala : La supplique de M.J, une Espagnole musulmane, adressée ce mois d’octobre à M. Maazouz, ministre des MRE

«J’ai commencé la procédure pour la kafala d´un enfant que j’aime de tout mon cœur, et qui fêtera ce mois-ci son premier anniversaire. Il a été abandonné par sa mère biologique le jour de sa naissance, et depuis, il a vécu dans le Centre Lalla Hasna, de l´Association Al Ihssane, à Casablanca. Le jour où je l´ai vu pour la première fois dans ce centre, le 1er décembre 2011, a été le plus heureux de ma vie. Il avait les yeux grand ouverts et il m´a regardée fixement comme s´il voulait me dire qu´il voulait que je l´aime comme mon propre enfant, et que je l’acceptais comme sa mère. Dix longs mois se sont déjà écoulés depuis cette première rencontre. Depuis ce jour-là, je suis allée le voir tous les mois, ce qui fait que je ressens de plus en plus d´amour envers lui. J´ai hâte de pouvoir vivre avec lui et de pouvoir être sa maman. Il me reconnaît au fur et à mesure que je l´embrasse, l´enlace et lui donne les biberons. J´ai changé ses couches. Je lui ai chuchoté des chansons à l´oreille. On a eu le temps de jouer, et il a même connu ma famille. Je lui répète souvent qu´il est le plus bel enfant, le plus intelligent, le plus sympathique. Je lui dis que je l´aime beaucoup et que nous serons bientôt ensemble, une bonne fois pour toutes.

J´ai vu comment il grandissait petit à petit, comment il a appris à jouer, à s´asseoir, à balbutier ses syllabes, et à montrer ses premiers sourires. J´ai vu ses premières dents et la première fois qu´il a marché à quatre pattes. Il a toujours envie d´être dans mes bras, et lors de ma dernière visite il m´a appelée “maman”.

J´éprouve pour lui l´amour qu´une mère éprouve pour son enfant, et je voudrais vous signaler aussi que j´aime et respecte sa culture et son pays ainsi que sa religion qui est désormais la mienne : l´islam.

Si cette enfant pouvait parler, s´il pouvait s´exprimer, je suis sûre et certaine qu´il vous demanderait de me laisser devenir sa mère. Je suis sûre qu´il vous demanderait de l´aide pour que je sois sa maman. Il ne veut surtout pas perdre sa maman pour une deuxième fois. Je vous prie, pour son bonheur et pour mon amour envers lui, d´approuver la kafala dont la procédure est déjà entamée».

Kafala : De plus en plus de dossiers en instance de la kafala internationale…

De 1990 à octobre 2009, l’orphelinat Lalla Hasna a accueilli 2 447 enfants, dont 1 389 ont bénéficié de la kafala. Entre 2010 et octobre 2012, elle a accueilli 300 autres enfants, dont 244 ont été adoptés, parmi eux 50 ont échu à des étrangers non résidant au Maroc. Actuellement, 22 sont en instance d’adoption par des étrangers également, dont 18 souffrent d’un handicap physique ou mental. Ce sont des garçons dans leur écrasante majorité, car l’orphelinat ne reçoit presque plus de filles. «Ne viennent ici que celles qui ne sont pas adoptables, qui sont malades ou handicapées», précise Samira Kaouachi, psychologue et directrice de l’orphelinat. Cela s’explique par le fait que «les mères abandonnent rarement les filles, elles sont plus dociles que les garçons et leur éducation est relativement plus facile. On ne reçoit que des filles dont la maman est en prison, en traitement psychiatrique ou des filles handicapées…». La Maison reçoit les enfants abandonnés, de parents connus ou inconnus, et les entretient dans l’attente de couples désireux d’adopter un enfant. «Même s’ils bénéficient de bonnes conditions, il manque à ces enfants pris en charge une chose très importante dans la vie, pour leur équilibre et leur formation : l’affection. Et cette dernière n’est possible que dans un foyer entre des parents affectueux, fussent-ils adoptifs. 70% de ces enfants sont pris en charge tous les ans par le biais de la kafala, et l’on aurait souhaité que ce soit plus. On aimerait que notre orphelinat ne soit qu’un centre d’accueil», regrette Mme Kaouachi.

Jaouad Mdidech. La Vie éco

Font | Fuente: La Vie éco

Anuncis

nou article a la prensa marroquina | nuevo artículo en la prensa marroquí

Adoption: L’«oukase» contesté de Ramid

  • Le ministre de la Justice disqualifie les non résidents marocains
  • Les orphelinats et les associations sonnés
  • Les charges budgétaires


En imposant le critère de la résidence au Maroc pour pouvoir adopter, le ministre de la Justice et des Libertés limite les chances d’adoption des enfants abandonnés, surtout à un moment où les problèmes budgétaires chez les associations de bienfaisance sont devenus légion

 

Hiba a 4 ans. Abandonnée depuis plusieurs mois par ses parents biologiques, Hiba a retrouvé l’espoir de mener une vie normale depuis qu’un jeune couple de Marocains résidents à l’étranger l’a approchée pour une procédure d’adoption.  Mais ses espoirs risquent de s’évaporer suite à une circulaire du ministre de la Justice et des Libertés (19 septembre 2012) qui a fait l’effet d’une bombe dans le milieu associatif chargé de l’enfance abandonnée. La note adressée aux procureurs généraux près des Cours d’Appel et des tribunaux de première instance invite ces derniers à ne plus autoriser d’adoption (Kafala) pour les musulmans résidents à l’étranger, qu’ils soient marocains ou pas.

Une décision dont ne s’est toujours pas remise Béatrice Beloubad, directrice nationale de SOS Village d’Enfants. Elle a sonné la mobilisation, au même titre que l’Association Bébés du Maroc, la Fondation Rita Zniber, l’Association Dar Atfal

Al Wafae,  l’Association Osraty et l’Association Amis des enfants pour créer un Collectif afin d’exiger le retrait de la circulaire du ministre de la Justice. Une pétition est d’ailleurs proposée sur internet et circule sur les réseaux sociaux. Rappelons que la Constitution de 2011 dans son article 15 a instauré le droit de présenter des pétitions aux pouvoirs publics. « Nous voulons faire plus de pression sur les autorités pour faire retirer cette circulaire de la circulation », souligne la directrice de SOS Village d’enfants. La pétition a recueilli pour l’instant un peu plus de 1100 signatures.

Le collectif Kafala remet en cause tout le raisonnement du ministre de la Justice El Mostapha Ramid arguant que cette décision ne prévoit aucune alternative ou mesure de substitution pour préserver l’intérêt supérieur de l’enfant. « On est musulmans ou on ne l’est pas ! Que ce soit au Maroc ou à l’étranger, la religion n’a pas de frontière », souligne Beloubad. Pour justifier sa décision Ramid a  précisé que l’objectif est d’assurer un meilleur contrôle et suivi de l’intégration des enfants dans leurs familles d’adoption. La loi 15-01 relative à la prise en charge des enfants abandonnés exige plusieurs conditions qui doivent être remplies par les postulants à la Kafala. « Il ne suffit pas, pour apporter la preuve de leur réalisation, de présenter des documents, Il faut également s’assurer de leur véracité et de la conformité des conditions requises pour l’exécution de la kafala », estime le ministre de la Justice. Cela doit se faire entre autres, à travers une enquête, diligentée par le juge des mineurs, à travers la Commission prévue à l’article 16 de la même loi. Selon la circulaire du ministre, la vérification de ces conditions devient difficile lorsque le «Kafil» n’est pas résident au Maroc alors même que ces conditions constituent le fondement de la décision du Juge des Mineurs d’accorder ou de refuser la Kafala. Le collectif pour la Kafala n’entend pas les choses de la même oreille. Les ONG nous l’ont assuré: «De toute façon, il n’y a aucun contrôle ou suivi, même pour les adoptions par les familles résidentes au Maroc».

Derrière l’argument humanitaire bien présent, il faut aussi voir un argument comptable qui ressort en filigrane. Les problèmes budgétaires sont devenus le quotidien de plusieurs associations de bienfaisance. En cause, une réduction drastique des subventions publiques à ces ONG et des dons privés, conjuguée à l’augmentation du nombre d’enfants abandonnés. Selon une enquête effectuée en 2010 pour le compte de l’Association Insaf, tous les jours 153 enfants naissent hors mariage, 24 d’entre eux sont abandonnés. «Les demandes émanant des MRE étaient importantes à nos yeux (ndlr : aucune statistique ne nous a pour autant été accordée par les associations) et les limiter réduira considérablement les chances de certains enfants d’être pris en charge», affirme Beloubad. Un enfant coûterait aujourd’hui 2.000 DH pour un orphelinat en vue de répondre à ses besoins les plus élémentaires. En moyenne, chaque orphelinat abrite de 200 à 300 orphelins.

Ramed: La double peine?

Le régime d’assistance médicale au économiquement démunis (Ramed), qui prévoit une couverture médicale pour 8,5 millions de personnes n’a encore officiellement concerné que 160.000 personnes. A en croire les associations de bienfaisance, rien n’a encore été proposé pour les orphelins, toujours pris en charge par leur organisme d’accueil. «Nous ne sommes qu’au début de la mise en application du régime et nous ne savons pas encore quand, ni comment les enfants abandonnés profiteront de cette couverture », confie la directrice d’une association à Casablanca.

Ayoub NAÏM

Font | Fuente: L’ECONOMISTE

una frase

“El que importa no és el món que deixarem als nostres fills, sinó els nens que deixarem en aquest món”

“Lo que importa no es el mundo que dejaremos a nuestros hijos, sino los niños que dejaremos en este mundo”

SAR Princesa Lalla Meryem

el link y la cita original | l’enllaç i la cita original

…Ce qui importe, ce n’est pas tant le monde que nous laisserons à nos enfants, mais les enfants que nous laisserons à ce monde …

artículo publicado por APAERK

Desde la asociación francesa de familias kafils APAERK nos hacen seguir este artículo que publicaron ayer en el magazín YABILADI.

Des de l’associació francesa de famílies kafils APAERK ens fan seguir aquest article que van publicar ahir al magazín YABILADI.

▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲

CONSTERNATION ET INQUIÉTUDE DES PARENTS KAFILS FACE À LA CIRCULAIRE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

Le Salon de la petite enfance et de kafala a ouvert ses portes le week-end du 6 et 7 octobre pour sa 3ème édition au complexe culturel Anfa de Casablanca. Cette année, l’ambiance était à la consternation et à la colère.

Le motif? Une circulaire du ministre de la Justice, M. Mustafa Ramid, qui restreint considérablement les conditions d’attribution d’une kafala pour les personnes résidant à l’étranger. Elle impose ainsi que les postulants désireux de faire une kafala résident de manière durable au Maroc, sous le prétexte qu’il ne serait pas possible d’effectuer le suivi des enfants à l’étranger. Les termes de cette «circulaire Ramid» sont clairs et sans ambiguïté: «Attendu que la volonté du législateur à travers les dispositions sur la Kafala vise essentiellement à protéger l’intérêt supérieur de l’enfant marocain, la préservation de cet intérêt dans le cadre de ce qui vient d’être souligné, nécessite conformément à l’esprit et à la philosophie du régime de la Kafala des enfants abandonnés, que la Kafala ne soit accordée qu’aux demandeurs qui résident d’une manière habituelle sur le territoire national».

Or, la loi n° 15-01 de 2002 qui régit la kafala stipule expressément dans son article 24 que «la personne assurant la kafala peut quitter le territoire du Royaume du Maroc en compagnie de l’enfant soumis à la kafala en vue de s’établir d’une manière permanente à l’étranger avec l’autorisation du juge des tutelles et ce dans l’intérêt des parties. En cas d’obtention de l’autorisation du juge, une copie en est envoyée aux services consulaires marocains du lieu de résidence de la personne chargée de la kafala, afin de suivre la situation de l’enfant et de contrôler l’exécution par cette personne des obligations prévues à l’article 22 ci-dessus par tous les moyens que lesdits services jugeront adéquats, tout en informant le juge des tutelles compétent de tout manquement à ces obligations. Le consul adresse au juge des tutelles des rapports sur la situation de l’enfant et peut lui suggérer toutes mesures qu’il jugera adéquates, y compris l’annulation de la kafala». Ainsi, le cadre juridique élaboré par le législateur marocain donne non seulement le droit aux parents kafils de vivre avec l’enfant à l’étranger, mais prévoit également une procédure précise pour assurer le suivi et le bien-être des enfants, via les services sociaux des consulats.

Alors comment ne pas être consternés? Comment ne pas être en colère ? Pourquoi écarter pour des centaines d’enfants la possibilité de s’épanouir et de vivre en famille, sous le prétexte que celles-ci résident hors du Maroc? Comment croire que l’intérêt supérieur de ces enfants soit de rester jusqu’à leur majorité dans les orphelinats marocains plutôt que d’être accueillis par des parents aimants et attentionnés, où qu’ils résident? Face au constat que le nombre de familles kafils au Maroc est insuffisant pour accueillir les milliers d’enfants abandonnés chaque année, que vont devenir ceux qui n’auront pas eu la «chance» de trouver une famille? Comment les orphelinats vont-ils pouvoir subvenir aux besoins matériels et affectifs de ces enfants en souffrance?

Cette circulaire touche tout particulièrement les Marocains Résidant à l’Etranger (MRE), qui se voient ainsi discriminés par rapport à leurs concitoyens vivant au Maroc, malgré les propos rassurants de la députée du PJD, Mme El Ouafi, cet été. Les MRE ont le sentiment avec cette circulaire d’être considérés comme des Marocains de seconde zone et estiment qu’elle est anti-constitutionnelle. En effet, elle bafoue les articles 16 et 17 de la nouvelle Constitution, qui attribuent autant de droits civiques et politiques aux MRE qu’aux Marocains locaux. Elle engage également l’avenir des dizaines de familles, auxquelles les orphelinats ont attribué des enfants et qui ont noué avec eux des liens forts depuis des mois. Ces enfants vont-ils devoir subir un second abandon?

L’heure est grave pour ces familles, et pour tous les enfants abandonnés. C’est pourquoi l’APAERK, Association de Parents Adoptifs d’Enfants Recueillis par Kafala, qui œuvre depuis des années pour les droits des enfants makfouls et de leurs familles en France, tout comme le collectif Kafala Maroc qui regroupe 6 associations marocaines (SOS Village d’Enfants, l’Association Bébés du Maroc, la Fondation Rita Zniber, l’Association Dar Atfal Al Wafae, l’Association Osraty et l’association Amis des Enfants – Ai.Bi. Maroc) demandent le retrait de la « circulaire Ramid » sur la kafala.

L’APAERK avait tenté de sensibiliser par courrier le ministère de la Justice sur les conséquences de cette circulaire dès l’annonce faite cet été par monsieur Ramid. Elle a également alerté la Fondation Hassan II et le ministère chargé des MRE. Ces deux institutions œuvrent depuis des années pour les intérêts des Marocains vivant éloignés de leur patrie. L’APAERK attend impatiemment leur réaction face à cette situation qui met des couples et leurs enfants makfouls dans des situations extrêmement compliquées, et qui à terme oblitère l’avenir de milliers d’enfants. Les autorités françaises, de par les députés français de l’étranger et les députés européens proches du groupe amitié France-Maroc, ont également été mises au courant de ce blocage, qui prend en otage des familles et leurs enfants.

Il est impossible de ne pas réagir. Mr Ramid, lors d’une récente commission ministérielle mixte maroco-espagnole aurait accordé tout récemment une concession aux couples espagnols. Alors pourquoi ne pas en faire autant pour les familles MRE, binationales et françaises?

Aussi, le Collectif Kafala demande à Mr Ramid de revenir sur cette circulaire, et de prendre le temps de la concertation avec les associations marocaines de terrain pour discuter d’une réorganisation humaine et apaisée de la kafala. Dans un second temps, une table ronde pourrait être organisée avec les autorités françaises afin d’établir une convention bilatérale, avec pour principal objectif de protéger et encadrer la procédure de kafala et le suivi des enfants partis à l’étranger, dans l’intérêt suprême de l’enfant abandonné.

Cette circulaire, et la polémique qu’elle entraîne, doit être l’occasion de redéfinir «ensemble», c’est-à-dire avec les autorités marocaines et les associations marocaines spécialisées dans l’enfance abandonnée et la kafala, un cadre humain et approprié de la kafala, dans le respect des lois marocaines et des conventions internationales signées et ratifiées par le Maroc.

L’APAERK tient à rappeler qu’elle a toujours accompagné les familles résidant en France dans le strict principe du respect des législations en vigueur, recommandant aux postulants à la kafala de se soumettre en toute bonne foi aux procédures élaborées dans le cadre de la législation marocaine. L’APAERK dans son objectif de reconnaissance des droits des enfants makfouls ne peut qu’adhérer à une démarche qui irait dans le sens d’une moralisation et d’un encadrement juridique clair et protecteur du droit des enfants à grandir dans une famille.

N’oublions jamais que derrière tout cela, l’avenir des enfants est en jeu.

Fuente. Yabiladi

Petición de retirada de la circular del Ministerio de Justicia y Libertades de Marruecos, prohibiendo la kafala de los niños marroquíes por parte de extranjeros musulmanes no residentes en Marruecos

Desde Marruecos, seis asociaciones, SOS Village d’Enfants, Fondation Rita Zniber, Association Dar Atfal Al Wafae, Association Osraty, Association BéBés du Maroc, y Association Amis des Enfants (Ai.Bi. Maroc), nos remiten esta petición de recogida de firmas, para la retirada de la circular del Ministerio de Justicia y Libertades.

Os animamos a firmarla y a hacerla circular entre vuestros familiares y amigos.

Muchas gracias.

_________________________________________________________________________

Petición de retirada de la circular del Ministerio de Justicia y Libertades de Marruecos, prohibiendo la kafala de los niños marroquíes por parte de extranjeros musulmanes no residentes en Marruecos.

Le invitamos a unirse a nosotros para defender el derecho de nuestros hijos a ser amados y protegidos por las familias, firmando y haciendo firmar esta petición.

El 19 de septiembre de 2012, el Ministerio de Justicia y libertades marroquíes ha emitido una circular con referencia N° 40S/2, pretendiendo hacer imposible la kafala de niños marroquíes por  extranjeros musulmanes no residentes en Marruecos. Este documento fue enviado a los fiscales generales de los tribunales de apelación y los fiscales de los tribunales de primera instancia.

En tanto que colectivo Kafala en Marruecos, compuesto por 6 asociaciones, que son SOS Village d’Enfants, Fondation Rita Zniber, Association Dar Atfal Al Wafae, l’Association Osraty, l’Association BéBés du Maroc, et l’association Amis des Enfants (Ai.Bi. Maroc), nos hacemos las siguientes preguntas:

  • ¿Qué medidas de sustitución ha puesto en marcha el Ministerio de justicia y libertades para preservar los intereses superiores del niño tal cual están definidos por la legislación nacional e internacional?
  • ¿Que piensa hacer por las decenas de niños que se han encariñado con padres kafils que les acunan desde hace meses? ¿Hacerles sufrir un segundo abandono?
  • ¿Que decir también de esos miles de niños que esperan desesperadamente una familia en orfanatos cuya capacidad de acogida se verá excedida rápidamente, porque hay 24 bebés abandonados cada día, es decir 6000 niños abandonados cada año?

Sabiendo que las solicitudes de Kafala hechas por familias marroquíes son muy poco numerosas y que los niños que permanecen en orfanatos se convierten en el 80% de los casos en delincuentes, un 10 % se termina suicidando y solo un 10% se insertan socialmente, esta circular agravará la situación de los centros, haciendo imposible queacojan a más niños y fomentando que la redes paralelas de tráfico de todo tipo no pierdan la oportunidad de aliarse.

Le invitamos a unirse a nosotros para defender los derechos  de nuestros hijos a ser amados y protegidos por familias firmando esta petición.

.

Seis ONG de Marruecos exigen que los españoles puedan de nuevo adoptar

Ignacio Cembrero – Madrid 13-10-2012

Las asociaciones de ayuda a la infancia respaldan a las familias españolas a las que el Gobierno islamista de Rabat ha vetado la adopción

Medio centenar de familias españolas enfrascadas en Marruecos en sus procesos de adopción han recibido un contundente apoyo de la sociedad civil marroquí. Seis ONG laicas han suscrito este fin de semana un comunicado conjunto en el que piden al ministro de Justicia, el islamista Mustafa Ramid, que permita de nuevo que los extranjeros no residentes puedan adoptar o tutelar a niños abandonados. Lo prohibió hace tres semanas.

Entre los firmantes figuran algunas asociaciones muy conocidas de ayuda a la infancia, como Sos Village Enfants, Association Bébés du Maroc y la Fundación Rita Zniber que gestiona en Meknes el mayor orfanato privado del país y en el que los niños están probablemente mejor atendidos. Todas ellas reivindican el derecho de los niños a ser queridos y protegidos.

Cada día nacen en Marruecos 153 niños fuera del matrimonio de los que 24 son abandonados por madres solteras, según un estudio dado a conocer la semana pasada por Asmaa Bensliman, presidenta de la Asociación Bebés de Marruecos. Esa cifra tiende a aumentar, asegura Bensliman.

En su último informe UNICEF, la organización de la ONU para la infancia, señaló que en 2008 4.123 recién nacidos habían sido presentados ante los tribunales para que los declaren abandonados, un requisito indispensable para que puedan ser tutelados. El islam no permite la adopción plena. La kafala (tutela dativa) obliga a preservar la filiación del niño, su religión musulmana y su nacionalidad.

El año pasado 254 familias españolas, en su mayoría catalanas, y otras muchas de varios países europeos obtuvieron kafalas en Marruecos. Este año los tribunales empezaron a dilatar sus sentencias probablemente porque los magistrados más conservadores, reacios a entregar niños a matrimonios extranjeros, se envalentonaron con la llegada de los islamistas al Gobierno.

Desde marzo hay 44 familias españolas, 25 de ellas catalanas, a la espera, sobre todo en Rabat, de que se les conceda la tutela de bebés que les han sido asignados por los orfanatos y a los que visitan, visten, bañan, alimentan y acunan a diario. Tienen ya un fuerte vínculo con sus futuros hijos, pero no les pueden incorporar a su hogar, se lamenta una pediatra marroquí. Se está creando un auténtico drama humano, añade.

En su comunicado las ONG preguntan al ministro de Justicia qué medidas piensa tomar para preservar el interés superior del niño, como le obliga la ley, ahora que muchos no pueden ser tutelados. ¿Qué piensa hacer de las decenas de niños que han establecido ya un vínculo afectivo con tutores que les acunan desde hace meses?, se preguntan en alusión a los españoles que aspiran a ser padres. ¿Les quiere hacer padecer un segundo abandono?, añaden.

Las reticencias de los magistrados han recibido el espaldarazo del ministro de Justicia que el 19 de septiembre remitió una circular a los fiscales instruyéndoles para que se opongan a la entrega de bebés a matrimonios extranjeros si estos no residen habitualmente en el territorio nacional. Los jueces de los tribunales de familia no están obligados a seguir la recomendación del ministerio público, pero en la práctica lo suelen hacer.

Ramid, el titular de Justicia, tomó esta iniciativa para que los jueces puedan controlar que las familias extranjeras respeten los requisitos de la kafala. Algunas de ellas lo han hecho, pero otras han solicitado en los juzgados españoles la adopción plena para que los niños que trajeron de Marruecos gocen de los mismos derechos que los españoles.

Esta circular empeorará la situación colocando a los centros de acogida en la incapacidad de admitir a más niños y brindará nuevas oportunidades a las redes paralelas de tráfico (), advierten las seis ONG marroquíes. Recuerdan que no hay suficientes familias marroquíes que deseen tutelar y que el 80% de los niños que crecen en los orfanatos acaban delinquiendo, el 10% se suicida y solo el 10% logra su inserción en la sociedad.

Fuente: El Pais